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% de la population urbaine africaine vivant dans des bidonvilles

L'urbanisation rapide de l'Afrique engendre une corrélation désastreuse : plus les villes croissent vite, plus les habitants vivent dans des bidonvilles. Cette carte, basée sur les données d'ONU-Habitat 2022, illustre le pourcentage de la population urbaine vivant dans des bidonvilles dans les 54 pays africains.


Principaux enseignements :

  1. Le fossé Nord-Sud :

    1. Afrique du Nord : moins de 20 % de la population vivant dans des bidonvilles : l’Égypte, la Libye, l’Algérie et le Maroc ont investi dans l’aménagement urbain.

    2. Afrique subsaharienne : plus de 50 % de la population vivant dans des bidonvilles dans la plupart des pays.

  2. Les extrêmes :

🔴 Soudan du Sud : 94,2 % de la population urbaine vivant dans des bidonvilles.

🔴 Mali : 92,5 %.

🔴 Burkina Faso : 87,9 %.

🔴 Tchad : 82,0 %.

🟢 Égypte : 3,8 % – un exemple de réussite en Afrique du Nord.

🟢 Eswatini : 17,0 % – le taux le plus bas d’Afrique subsaharienne.

🟡 Afrique du Sud : 24,2 % – le meilleur taux parmi les principales économies d’Afrique subsaharienne.


La tendance : les pays connaissant une urbanisation rapide et non planifiée présentent les taux de bidonvilles les plus élevés. Les pays ayant investi dans les infrastructures et la sécurité foncière affichent des taux plus faibles.

Tableau de données

Pays

Sous-région

Proportion de la population urbaine vivant dans des bidonvilles ou des établissements informels (%) (a)

Année de référence des données

Soudan du Sud

Afrique de l'Est

94,2

2022

Mali

Afrique de l'Ouest

92,5

2022

Burkina Faso

Afrique de l'Ouest

87,9

2022

Sao Tomé-et-Principe

Afrique centrale

82,4

2022

Chad

Afrique centrale

82

2022

République démocratique du Congo

Afrique centrale

78,4

2022

Congo

Afrique centrale

75,3

2022

Soudan

Afrique du Nord

73,7

2022

Niger

Afrique de l'Ouest

70,4

2022

République-Unie de Tanzanie

Afrique de l'Est

70,1

2022

République centrafricaine

Afrique centrale

68,9

2022

Madagascar

Afrique de l'Est

65,7

2022

Guinée équatoriale

Afrique centrale

64,7

2022

Ethiopie

Afrique de l'Est

64,3

2022

Bénin

Afrique de l'Ouest

64

2022

Angola

Afrique centrale

62,7

2022

Libéria

Afrique de l'Ouest

60,5

2022

Guinée-Bissau

Afrique de l'Ouest

59

2022

Mauritanie

Afrique de l'Ouest

58,6

2022

Mozambique

Afrique de l'Est

55

2022

Zimbabwe

Afrique de l'Est

54,9

2022

Ouganda

Afrique de l'Est

52,7

2022

Sierra Leone

Afrique de l'Ouest

49,3

2022

Djibouti

Afrique de l'Est

48,7

2022

Érythrée

Afrique de l'Est

48,7

2022

Île Maurice

Afrique de l'Est

48,7

2022

Mayotte

Afrique de l'Est

48,7

2022

Réunion

Afrique de l'Est

48,7

2022

Seychelles

Afrique de l'Est

48,7

2022

Somalie

Afrique de l'Est

48,7

2022

Comores

Afrique de l'Est

48,5

2022

Nigeria

Afrique de l'Ouest

48,5

2022

Côte d'Ivoire

Afrique de l'Ouest

48.3

2022

Zambie

Afrique de l'Est

48.3

2022

Sénégal

Afrique de l'Ouest

46.4

2022

Cabo Verde

Afrique de l'Ouest

46.4

2022

Guinée

Afrique de l'Ouest

44

2022

Namibie

Afrique australe

41.4

2022

Kenya

Afrique de l'Est

40,5

2022

Botswana

Afrique australe

39,6

2022

Gabon

Afrique centrale

38,8

2022

Aller

Afrique de l'Ouest

38,5

2022

Rwanda

Afrique de l'Est

38.3

2022

Malawi

Afrique de l'Est

38

2022

Gambie

Afrique de l'Ouest

37.1

2022

Burundi

Afrique de l'Est

36,8

2022

Ghana

Afrique de l'Ouest

33,5

2022

Cameroun

Afrique centrale

32,7

2022

Lesotho

Afrique australe

25.6

2022

Afrique du Sud

Afrique australe

24.2

2022

Swaziland

Afrique australe

17

2022

Libye

Afrique du Nord

16.6

2022

Sahara occidental

Afrique du Nord

16.6

2022

Algérie

Afrique du Nord

13.2

2022

Maroc

Afrique du Nord

10.9

2022

Tunisie

Afrique du Nord

7.6

2022

Egypte

Afrique du Nord

3.8

2022


Source des données et méthodologie


Base de données des indicateurs urbains d'ONU-Habitat


Remarque : Les données relatives aux bidonvilles et aux établissements informels sont calculées à partir de recensements et d'enquêtes nationales auprès des ménages, telles que les Enquêtes démographiques et de santé (EDS) et les Enquêtes en grappes à indicateurs multiples (EMIM).


Définition de la population urbaine vivant dans des bidonvilles ou des établissements informels

Proportion de la population urbaine vivant dans des bidonvilles ou des établissements informels. Les estimations reposent sur la méthodologie mondiale relative aux privations des ménages, selon laquelle les habitants souffrent d'une ou plusieurs des privations suivantes :

  1. Manque d'accès à des services d'eau potable améliorés

  2. Manque d'accès à des installations sanitaires améliorées

  3. Importance de l'espace habitable

  4. Précarité du logement. Les établissements informels sont synonymes de bidonvilles et désignent des ménages ou des quartiers caractérisés par le manque de services de base et d'infrastructures urbaines, ou coupés de ces services.


Limites des données

Si ONU-Habitat estime que 51 à 62 % de la population urbaine d'Afrique subsaharienne vit dans des établissements informels, les experts reconnaissent que d'importantes lacunes dans les données et des limites méthodologiques laissent penser que la réalité pourrait être plus grave. La tendance est néanmoins claire, même si les chiffres exacts restent incertains.


  1. Incohérences dans les définitions

    1. Les pays utilisent des critères différents pour définir les « bidonvilles » et les « établissements informels » (statut foncier, infrastructures, critères administratifs).

    2. Les comparaisons internationales sont donc peu fiables.

    3. L'évaluation au niveau des ménages ne tient pas compte de la dynamique collective des établissements.

  2. Données de recensement obsolètes

    1. De nombreux pays africains n'ont pas réalisé de recensement depuis 20 à 30 ans.

    2. Les projections démographiques deviennent de moins en moins fiables avec le temps.

    3. La croissance urbaine rapide dépasse les capacités de collecte de données.

  3. Lacunaires importants dans les données

    1. ONU-Habitat reconnaît l'existence d'« importantes lacunes dans les données relatives aux établissements informels », au-delà des définitions des bidonvilles.

    2. Seuls les 2/7 de la réalité urbaine africaine sont couverts par des données formelles.

    3. Absences : regroupement spatial, déficits d'infrastructures partagées, vulnérabilités systémiques.

  4. Contraintes méthodologiques

    1. Dépendance importante aux enquêtes auprès des ménages (EDS, MICS), qui peuvent omettre les populations transitoires ou difficiles à atteindre.

    2. Les limites administratives ne correspondent pas aux établissements réels. Tendances

    3. Les données de recensement dans les villes à revenu faible ou intermédiaire sont souvent jugées peu fiables pour estimer la population des bidonvilles.

  5. Problèmes d'estimation de la population

    1. Exemple : Les estimations pour Kibera (Nairobi) varient de 200 000 à 1 million d'habitants, soit une variation d'un facteur 5.

    2. La population des bidonvilles est souvent regroupée au sein de vastes zones administratives, ce qui entraîne une forte dispersion des estimations.

    3. Seulement 1,1 milliard de personnes sont classées comme vivant dans des bidonvilles, contre 2,2 milliards n'ayant pas accès à l'eau potable : un écart important.

  6. Granularité spatiale limitée

    1. L'imagerie satellitaire et la cartographie par intelligence artificielle restent des processus longs et coûteux à grande échelle.

    2. Manque d'images diversifiées et de haute qualité.

    3. Incapacité à appréhender la dynamique interne des établissements humains et l'économie informelle.

  7. Limites de la couverture

    1. Le processus de collecte des données était limité dans de nombreuses régions (États arabes, certaines parties de l'Afrique subsaharienne).

    2. Certains pays ne disposent d'aucune donnée claire ni de politiques adéquates.

    3. Les établissements informels sont souvent exclus des statistiques urbaines officielles.

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